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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:38

Ito Jakutchu (1716/ 1800) né à Kyoto, est un peintre qui a vécu au cours deuxième partie de la période Edo, une époque particulièrement riche en créativité.


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Issu d'une famille de riches marchand, libre de toutes contraintes économiques et mêmes artistiques, sa formation a  principalement dérivé de sources d'inspiration issues de la nature et de l'examen des peintures chinoises dans les temples Zen.

Il croyait que toutes les créatures vivantes avaient le «shinki» (Esprit de Dieu), et il a commencé à peindre pour le capter.

Certaines sources indiquent qu'il a peut-être étudié d'après l'oeuvre de Ooka Shunboku , un artiste connu pour ses peintures de fleurs et d'oiseaux. Bien qu'un certain nombre de ses tableaux représentent des créatures exotiques ou fantastiques, telles que les tigres et des phénix, il est évident à partir du détail et l'aspect réaliste de ses tableaux de poules et d'autres animaux qu'il a basé son travail sur l'observation réelle. Ses modèles sont des oiseaux qu'il élève dans son jardin dont un paon et un perroquet, très rare à cette époque, et diverses sortes de coqs.

Daiten Kenjō, supérieur du temple Shōkoku+ji, qui entretint une amitié profonde avec le peintre, nous transmet dans le texte «Ketsumei» gravé sur une stèle à la mémoire de l’artiste: «Il n’y a rien qui surpasse le fait de regarder les choses directement, et de faire fonctionner son imagination sur ce qu’on va peindre. C’est cela le plus important»

Par ailleurs , il est amusant de constater que certaines oeuvres plus fantaisistes  ont pu être inspirées  par des albums à dessin alors que la technique de l'estampe était en plein essor. En effet , dans sa série "le monde coloré des êtres vivants" on peut découvrir la représentation de coquillages étalés sur le sable dans une disposition loin d'être réaliste. Elle pourait avoir été inspirée par l'album "Dessins pour ranma" publié en 1734 par Ooka Shunboku, alors que Jakutchu avait tout juste 20 ans.

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Jakutchu travaillait donc en observant minutieusement la nature , mais il développa son style si original grâce également à la copie de peintures anciennes, en déformant les modèles et en les personnalisant.

Il est également tout à fait possible que le modèle, avec sa facture liée étroitement à la gravure sur bois aie facilité la stylisation de certaines des oeuvres de Jakutchu.

On peut d'ailleurs penser qu'il en fut autant pour un grand nombre d'oeuvres réalisées par les peintres de cette période, qui sont paradoxalement très souvent des copies de maîtres anciens. La raison est que les techniques de reproduction (l'estampe) ont contribué à l'apparition de nouveaux styles de peinture, grâce à une large diffusion des modèles, qui furent accessibles aussi bien aux autodidactes qu'aux étudiants des écoles, et aux artistes professionnels; mais aussi grâce à l'obligation pour le peintre de "copier sans copier", de donner un caractère physique au modèle issu de procédés mécaniques, et donc de trouver des solutions plastiques pour transcender le modèle. C'est alors qu'apparaitra entre autres, la peinture au doigt (Shitogâ) et la peinture sous l'emprise de l'alcool (Suisaku).

Pour revenir au peintre Ito Jakuchu, j'ai pu découvrir grâce à mon amie Emiko un très intéressant documentaire qui lui était consacré sur la chaine japonaise NHK.

On découvre dans ce très beau documentaire, une exploration microscopique de quelques oeuvres de Jakutchu. En effet au Japon, pays à la pointe du point de vue technologique se trouvent les outils les plus perfectionnés du monde comme j'ai pu le découvrir lors de ma visite de l'Université Kibi (Qui sera l'objet d'un prochain article).

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Pour commencer, l'étude de l'oeuvre "Érable et petits oiseaux" rouleau peint sur soie, montre grâce à l'observation avec un matériel de haute technologie, le procédé que le peintre a utilisé pour obtenir une vibration des couleurs. 

Le peintre a utilisé le procédé "ura-gu" (coloration inversée):

L’application de l’ura-gu est limitée à la soie et principalement aux thèmes des figures, fleurs et oiseaux. La  même couleur est appliquée sur l’envers puis sur l’endroit. Habituellement la même couleur est utilisée sur l’endroit et l’envers, mais cela dépend de celle utilisée sur l’endroit; une couleur différente peut être utilisée. L’application de l’ura-gu est considérée comme un style de peinture.

 

 


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Après avoir reproduit le procédé, on constate en comparant deux modèles peints avec coloration unique et coloration inversée, la manière dont se reflète la lumière sur les particules de couleurs.

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Il en résulte une vibration et une luminosité augmentée sur le modèle en coloration inversée.

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Des années plus tard les impressionnistes et les pointillistes utilisèrent d'autres procédés dans leur quête de la lumière.

 

 

 

 

 

 

 

Une autre oeuvre est ensuite l'objet d'une étude approfondie: "Le vieux pin et le phoenix blanc" est une peinture qui fait partie des 30 rouleaux de la série "le monde coloré des êtres vivants" comme le précédent.


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Cette fois l'arrière de l'oiseau est recouvert de feuille d'or pour obtenir un effet translucide grâce à la finesse de la trame de la soie.

 

 

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Dans le cadre d'un cours j'ai proposé à une élève de travailler à partir d'une oeuvre d'Ito Jakutchu.

Ce n'est pas réalisé sur soie mais sur papier japonais, les pigments sont des pigments suihi.

C'est un bel exercice et une occasion d'apprendre à travailler le plumage façon "écailles de poissons" comme le représentait le peintre.

Mouki a choisi "les coqs"

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Quelle est la plus grande difficulté que rencontrent les élèves?

Ralentir, prendre le temps, laisser au pinceau le temps de déposer

les pigments, ne pas s'inquiéter du temps que cela va prendre.

 

 

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Souvent dans le cadre d'un cours je réalise de petits modèles pour montrer comment je procède par exemple ici avec les plumes. Pour ce cours, j'ai séparé les deux coqs du modèle original.

 

Sources:

 - Les peintres de Kyoto au XVIII siècle ou la peinture à l’époque de sa reproductibilité technique - SATO Yasuhiro


- An Illustrated Dictionary of Japanese-Style Painting Terminologie

- KyōjiTAKUBO,conseiller culturel du sanctuaire de Konpirasan - Osamu IKEUCHI

 

wikipedia et divers...


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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 12:33

 

 

chat-copie-1.jpgL'impermanence des choses, c'est l'apparition, le passage et la transformation des choses ou la disparition des choses qui ont commencé à être ou qui ont apparu. Cela signifie que ces choses ne persistent jamais de la même façon, mais qu'elles disparaissent et se dissolvent d'un moment à l'autre

(visuddhimagga)


J'ai connu Kamiyama Haruka sur internet, avant de partir au Japon, puis je l'ai retrouvé dans la vision des paysages pendant notre voyage au cours de nos balades surtout dans le Kyushu.

Il décrit ainsi son travail:

"Autour de ma vie.
Les artefacts retournent un jour à la terre.
Les plantes et les animaux vivent là..
Je veux peindre  l'air... les odeurs .."

 

Kaminayama Harika décrit un monde dans lequel les humains sont absents, mais dont peut voir encore les vestiges.

Le temps, complice avec la nature s'est joué de ces attributs du monde moderne. Le bruissement des ailes de papillons et des criquets a remplacé le bruit des moteurs.

 

 

 

  Le chat de Béa à Nagoya 

 

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                     Saga Ogi

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Ma première idée en voyant cette grenouille a été "Oh mais qui a eu l'idée de poser ce jouet ici?!"

 

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 20:52

 

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Peintre nihonga ,Yuko Imai est une jeune femme de 25 ans qui m'a émue avec les portraits de sa grand mère, qu'elle exposait à Kyoto.

Sa vision en dehors des codes de représentation politiquement corrects, témoigne de la réalité des sentiments et de l'ambivalence des émotions.

L'ambivalence se manifeste dans les multiples aspects que prend la repésentation,  douce, humble, mutine , mais aussi vampire ou ogresse.

Une réalité d'aujourd'hui dans un style de peinture  dont on peut sentir les sources ancestrales.

Je laisse la parole à Yuko Imai:

 

 

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Quand les gens vieillissent, cela ne se passe pas simplement. Parfois, ils expriment une indomptable  vitalité .
En faisant face à la perte menaçante, leur vitalité est écorchée vive, s'accrochant désespérément à la vie.
J' ai senti ceci en passant du temps avec ma grand-mère, observant sa vie comme elle se tenait debout face à  sa fin imminente.
En peignant et en regardant "la vieillesse," et en découvrant  par des essais et erreurs ce qu'est  "la vie" , je me rends compte que je suis aussi destinée à être profondément fascinée par le processus de la vie et de la mort.
La vitalité de ces gens  s'exprime à travers leurs rides, la profondeur de leurs pupilles, aussi bien que dans la finesse du bout de leurs doigts.
Comme quelqu'un qui vit dans mon époque, et aujourd'hui, j'espère développer mon travail pour poursuivre l'essence réelle des gens que je rencontre.

 
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Quand j'étais  enfant ma grand-mère a fait une dépression nerveuse après avoir perdu son mari, mon grand-père.
Pendant les six dernières années, elle n'a pas "vécu", à part pour manger et dormir . Elle  vit
maintenant seulement par sa propre ténacité.
Sa seule raison d'être est son attachement à son corps mortel. Peu importe qu'elle se transforme de l'intérieur, elle tient à rester en vie, et seulement ne pas mourir.


390529_459196994123130_769194312_n-copie-1.jpg Elle montre  son désir de ne satisfaire personne d'autre qu'elle-même.

En jetant un regard froid à d'autres et ensuite un sourire compatissant à sa petite fille, elle exprime un mélange d'émotions sous jacentes qui sont continuellement mélées et en conflit entre elles.
Le miroir cassé dans mon travail symbolise un écroulement dans sa rationalité et son incapacité à se connecter et se relier avec la société.
Bien que je l'aime comme ma grand-mère, le miroir cassé signifie aussi mes sensations de ressentiment envers elle.

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Le thème, "Vivre En Vieillissant", interroge sur ce que cela signifie de vivre une vie.
Récemment, le Japon est devenu un pays vieillissant et une tendance des personnes âgées à s'occuper des autres personnes âgées a augmenté;
  à mon avis, la question de la mort éclipse maintenant nos pensées sur la façon de vivre.

Cependant, les événements après le Tremblement de terre récent dans la région de  Tohoku,  nous ont montré  la puissance de la vitalité humaine.
Je crois qu' en s'interrogeant  et en pensant à la vie et à notre existence, nous créerons  un nouveau sens des valeurs autour de l'humanisme.

Yuko Imai


 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 18:00

Au hasard de mes errances sur le net, j'ai rencontré le peintre Tomoki Moriyama.

Je cherchais des exemples de peinture animalière sur bois, c'est alors que j'ai rencontré ses chiens, peints sur des fusuma  pour le temple d'Arawazu Kannonji Kyakuden.

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.

 

Puis j'ai découvert son site, très riche en informations, bien que malheureusement pour moi, tout en japonais. Et comme à mon habitude, j'envoie un petit coucou, qui trouve un écho...ou pas

 

Notre premier échange remonte à 1 an et demie, parfois en anglais parfois avec l'aide de mon amie Koyo, on a abordé des sujets techniques, voir parfois philosophiques. C'est avec une grande générosité qu'il a bien voulu répondre à mes questionnements.

 

 

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Monsieur Moriyama habite dans un petit village de montagne, près d'Okayama

Il enseigne ponctuellement lors d'expositions, et deux fois par mois à Okayama. Il participe à des parutions, et donne des conférences.

J'ai découvert un peintre attaché aux racines traditionnelles du nihonga.

Un peintre animé par le goût du partage, mais aussi par certaines valeurs universelles.

Il a également une forte conscience du rôle de l'eau dans cette technique artistique qu'est le nihonga: mer, rivière, lac, vert des feuillages, nuages, le brouillard, la pluie, la neige, l'eau est présente dans tous les thèmes du nihonga traditionnel, dans le véhicule même des pigments, dans la géographie du pays, dans son histoire.

Elle est un lien indissossiable avec notre environnement.

Peindre nihonga, c'est apprivoiser l'eau, mais c'est aussi parfois s'abandonner à sa volonté.

On ne s'étonnera pas qu'il utilise l'eau de la montagne dans sa peinture.

 

 

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Dernièrement il a participé à une émission culturelle qui a été difusée sur NHK, la chaine de télévision japonaise, au cours de laquelle il a rendu compte de son travail d'étude sur une oeuvre de Ogata Korin représentant  des prunus rouges, dont la particularité est le flot noir réalisé sur feuille d'argent.

http://www.nhk.or.jp/artbs/kyoen/content/index_12.html#page02

On trouvera de nombreux articles et cours sur son site.

Parmi ceux-ci, j'ai pu traduire un long extrait d'un pas à pas sur la réalisation d'un Camélia.

Vous le trouverez sur le site nihonga100.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 21:36

 

Voici une interview réalisée par Judith Kruger auprès de son senseï (professeur) Makoto Fujimura pour le blog Nihonga 100 .

 

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JK : Bonjour Mako, merci d'accepter de répondre à quelques questions sur le blog Nihonga 100.

JK : Vous étiez étudiant à l'Université Bucknell,  je crois dans une autre section qu’artistique. Auriez vous la gentillesse de nous dire quelques mots sur ce que vous étudiiez et pourquoi vous avez décidé de chercher dans vos racines et étudier le  Nihonga ? Etiez vous familier avec le Nihonga quand vous étiez enfant ….Comment est ce venu au premier rang de ce que vous avez choisi d’étudier?

MF : j'ai étudié deux sciences,  le Comportement Animal et les arts à Bucknell dans une tradition d'arts libérale. Si je regarde en arrière, j'ai profité d'un  enseignement étendu et maintenant, environ 30 ans plus tard, je peux finalement commencer à synthétiser toutes les influences.

 MF : Chaque peinture a augmenté mon  besoin d’examiner à nouveau mes racines. Je n'ai pas connu le Nihonga contemporain, mais j’ai beaucoup dessiné  sur les peinture japonaises du 16ème siècle, 17ème siècle dans les musées de NYC, Boston et DC.


JK : Quel était le programme à Tokyo Geidei ? Comment le comparez-vous avec ce que vous connaissez du système universitaire américain ?

MF : le programme d'études à Geidai était une combinaison d'occidental (particulièrement le dessin) et le Nihonga japonais. J'étais à Geidai (l'Université des Arts de Tokyo) en même temps que Takashi Murakami et Hiroshi Senju. C’était, en regardant derrière soi, un cadre idéal pour moi et pour ceux qui estiment  la beauté et le métier. Takashi et moi discutions souvent du besoin de conceptuel dans l'enseignement ; nous nous sommes rendu compte que nous avions un cadre unique.

JK : Parlez nous un peu de votre sensei Kayama Matazo. Combien de fois l’avez vous rencontré?

MF : Je rencontrais Kayama sensei plusieurs fois dans l’année. Il entrait souvent en studio de manière impromptue et s'asseyait  pour me parler ainsi qu’à chacune des personnes présentes. Il a aussi fait plusieurs démonstrations d'utilisation d'or et l'argent, une expérience indélébile que je n'ai jamais oubliée. Comme il est parti,  en raison de la maladie, il était à Geidai seulement pour trois quatre ans. J'ai eu la faveur d’être choisi par lui pour le programme de doctorat et il a bientôt quitté l'école après que je sois rentré aux États-Unis.

JK : Quelle était sa compétence la plus significative ? Il a étendu son travail aux voitures, la céramique, le kimono, etc…Cela rend il le traditionalisme commercial ou est ce ok ?

MF : De façon intéressante, l'intérêt pour le design et la large gamme d'intérêts qu'il avait n'étaient jamais un problème pour personne. Concernant  l’aspect commercial et la validation qu’ il avait reçu,  il a clairement pensé qu'il le méritait et le public appréciait cela aussi. Il avait un sens audacieux de confiance dans la redéfinition du Nihonga contemporain vers le design de Rimpa et tout ce qu'il a fait était dans sa conviction.

JK : Comme vous êtes mon sensei, je veux partager les deux messages vraiment importants que vous m’avez communiqué, que je n'oublierai jamais. Le premier est "une peinture réussie donne naissance à une nouvelle peinture". Je l'aime juste parce qu'il garde la peinture vivante! Le second ,vous avez dit  "vous ne devez pas tout dire dans une peinture". Celui-ci est un peu plus difficile à suivre  mais c'est un grand objectif : comme un mantra . Quels étaient les mots les plus utiles de votre sensei's pour vous ? Estimez-vous toujours qu'il est à vos côtés aujourd'hui ou c’était il y a trop longtemps et a cela été oublié ?

MF : Ah…Cela fait partie "des principes génératifs" que nous développons au Mouvement d'Art International. Le message le plus significatif que j'ai reçu de Kayama sensei était sa conviction du sens de la beauté (japonaise) du Nihonga .

JK : Certainement beaucoup de temps a passé depuis ces jours et vous avez tellement progressé , je suis sure que vous avez accompli même plus  que vous pourriez jamais avoir imaginé. Quel aspect pensez vous avoir été  le plus significatif de votre carrière d’artiste ?

MF : les meilleurs souvenirs viennent de l'expérience personnelle des réactions des gens sur mon travail. Certainement, ayant une bonne réaction critique, l'exposition est passionnante, mais pas comme l’accomplissement de quelques expériences que j'ai eues, souvent inopinément, des expériences personnelles de gens rencontrant quelque chose de nouveau de mon travail.

MF : le récent projet The four Holy Gospel   était certainement un projet monumental dont je suis très fier. Il y a des peintures spécifiques, y compris la peinture "Golden Sea" (qui sera exposé ce mois de novembre)

JK : je sais que votre travail est lié directement à votre voie de Chrétien. Je vous ai entendus assimiler les matériaux Nihonga, c'est-à-dire des minéraux précieux , l’argent fin et l'or, à des cadeaux de Dieu et que comme artistes, nous sommes tous  les enfants de Dieu continuant le travail de création. Pouvez vous vous étendre un peu sur ce concept? Que sentez-vous en réalité quand vous peignez ? Est te vous touché par la  grâce ? Pensez-vous la découvrir dans votre origine culturelle ou est ce quelque chose de plus haut encore et plus profond qui est difficile à saisir ?

MF : j'ai un cycle créatif qui est profondément  lié aux Romains 7 et Romains 8 des Épîtres de St Paul dans le Nouveau Testament.
D'après ce que m'ont dit des pasteurs du mouvement "Redeemer", cela s'appelle le "cycle de Filiation" (Sonship) dans la croissance spirituelle, qui va de la prise de conscience de sa propre incapacité à accomplir quoique ce soit de bon par ses propres forces, ainsi qu'il est décrit dans l'épître aux Romains 7. Le chapitre 8 de la même épître commence par les mots "c'est pourquoi" -qui semble aller à l'encontre de la logique, et qui indique que la prise de conscience de notre propre misère est un élément essentiel dans notre développement à la fois artistique et personnel .

MF : Dans ce cycle, nous devons nous rappeler que nous ne sommes pas des orphelins, mais qu’on nous a donné  une identité pour créer (co-créer avec Dieu) quelque chose qui peut durer au-delà de notre temps ici bas. Bien sûr, nous échouons quotidiennement à exercer cette identité, échouant souvent misérablement. Mais en exerçant nos coeurs à créer de l'amour, plutôt que créer de la crainte, ou l'insécurité, je crois que nous pouvons parler au-delà de nos expressions personnelles.

MF : je pense qu’ il y a longtemps, les japonais ont saisi quelque chose de profondément vrai et mystérieux de cette vision dans leur culture. Il s’agit de reconnaître que la beauté nous mène à un mystère plus profond. Je suis venu pour apprécier cette approche, même si le Japon n'est pas " Chrétien".

JK : Le nihonga est une forme lente d'art qui exige beaucoup de concentration, d’ habileté et une intuition profonde. Le processus de préparation de  la peinture n'est pas simple, comme de faire saut au magasin de produits artistiques, ouvrir un tube de peinture et mélanger des couleurs sur une palette ainsi qu’est la pratique traditionnelle dans des huiles ou acryliques.
Pourriez vous nous en dire comment le processus d'obtention des matériaux joue dans votre processus créatif et pourquoi il peut valoir les efforts ?

MF : oui, le nihonga est "un art lent." C'est aussi profondément de manière collaborative que je peux travailler avec des fabricants de papier, des fabricants de pinceaux,  des magasins de pigment pour créer quelque chose d'unique. Les voies pour créer le Nihonga sont  liées à la nature et à l'écosystème en affectant la qualité de matières. Je suis convaincu que la vraie durabilité et l'intendance responsable sont critiques dans la création de la beauté durable et des points de Nihonga à cet idéal.

JK : si vous aviez un petit  conseil pour un étudiant débutant en nihonga quel serait-il ?

MF : j'apprendrais le nihonga pas comme un genre, mais  comme une voie d'entrée dans un processus collaboratif de créativité. Le sens japonais de l’esthétique est beaucoup plus important pour apprendre que les techniques de Nihonga.

JK : À quoi pensez-vous dans votre  lit, avant de vous endormir ?

MF : je me repasse le cycle de "Sonship" de Romains 7 et des Romains 8! Je réfléchis où j'ai échoué et je demande à Dieu de m'aider en général , à créer dans, par et pour l'Amour.

JK : Merci Mako!

 

Merci de corriger les éventuelles erreurs de traduction ou maladresses de ma part

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 08:50

 

 

 

Takeuchi Koichi est un peintre contemporain né en 1941.

Membre du jury de l'exposition Nitten, enseignant, il a contribué à plusieurs émissions sur la peinture japonaises avec la chaine de télévision NHK et publié plusieurs livres dans lesquels ils explique l'élaboration de quelques oeuvres.

 

 

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A propos de la peinture,

 

Takeuchi Koichi s'exprime ainsi:

 

ふと
空気をみつめるときがある。
何も無いようで
いろいろはいっていて
絵もそんなものかも知れない。


Parfois, je regarde l'espace sans raison particulière.
Il semble vide, mais il y fourmille de choses.
Une peinture pourrait être ainsi.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 09:33

Si l’on sait que le Nihonga a voyagé et s’est enrichi des influences extérieures dans les pays d’Asie, on en sait beaucoup moins sur les artistes occidentaux qui ont osé l’expatriation pour s’imprégner de cet art et de ce langage plastique, si profondément japonais. Leur défi est ensuite de rentrer chez eux et de s’approprier ce langage.

Un défi relevé avec succès par Paul Nolan, qui a su ennoblir l’Australie dans ses œuvres, la nature de son propre pays.


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Quand je regarde ses tableaux, j’ai une sensation au-delà des cultures, qui me rappelle un voyage en Australie en 1987. J’ai ressenti de nouveau une très forte présence de la nature et de la terre, rencontrée lors de ma traversée du désert central, ou pendant mes ballades le long des plages de Magnetic Island. En découvrant les œuvres de Paul Nolan, j’ai retrouvé des sensations très physiques et une émotion esthétique proche de l’expression « être en amour » avec la terre.

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Quoi de mieux que les pigments minéraux et l’esprit du Nihonga pour témoigner de cette nature si généreuse et sensuelle, parfois abrupte. Paul Nolan a su merveilleusement renouveler le Nihonga en lui offrant des paysages australiens. En interrogeant une culture autre que la sienne, il a su ensuite nous offrir un regard neuf sur sa propre culture.

 

Extraits de son site

En rencontrant pour la première fois les oeuvres originales d'Ono Chikkyo, un maître moderne  en peinture japonaise (nihonga) , j'ai été profondément ému et j'ai voulu en apprendre plus sur cette  méthode qui convient si bien  à la peinture de paysage et de nature que j'aime à produire.
En particulier la pureté des couleurs - les bleus, verts, les ocres et les Blancs , les textures riches et douces, ont semblé résonner avec mon âme. Les matières m'ont semblé si bien convenir  à la célébration de la nature. Ceux-ci incluent le papier japonais fabriqué à la main avec ses fibres naturelles fortes, le sumi, les pigments blancs de coquillage, les pigments de  terre et semi-précieux, minéraux et les feuilles d'or et d'argent.

Les principes esthétiques d'Art japonais dont on dit qu'ils se sont développés sur la base de la contemplation profonde de la nature, m'interpellent aussi énormément . De tels principes que "wabi" et "sabi", par exemple, appartiendraient à la culture unique du Japon, mais peuvent être compris par les gens dans le monde entier, comme les expressions du rapport que les hommes ont à la nature.

Paul Nolan

 

En 1982, le Ministère de l'Education nationale et de la Culture japonais  a attribué à Paul une bourse.   Il a achevé ses études en 1986 avec un Master en Nihonga à l'Université des Beaux Arts de  Tokyo  (Geidai). Il était un des premiers étrangers  à obtenir un diplôme en Nihonga et le premier Australien .

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Paul a été invité par le comité de sélection à exposer à Biennale Internationale 2011 d'Art Contemporain qui se tient à  à Florence en Italie en décembre 2011. Cet événement est pour Paul une occasion exceptionelle  d'exposer son art australien unique sur la scène internationale. Paul a choisi d'exposer l'oeuvre qui représente sa  les Gymea Lillies, une plante vraiment iconique du bush australien..
Comment vous pouvez aider
Paul a besoin de donations pour aider couvrir le coût d'entrée, de voyage, de fret et d'exposant à la Biennale à Florence.

Australia Business Art Fondation

 

Vous pouvez retrouver cet article en anglais sur http://nihonga100.wordpress.com/

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 10:17

Peut être aurez vous remarqué en haut à droite les mots "View Nihonga 日本画 in a larger map"

Suite à mes rencontres internautiques j'ai créé cette carte afin que chaque artiste ou amateur de nihonga se situe sur cette planète, ou partage ses bonnes adresses.

Pour l'instant , avec moi , Yoichi Araki de Kochi au Japon, a contribué en nous conseillant 5 adresses de musées au Japon.

Je le remercie de nous les faire découvrir et j'en profite pour m'attarder sur l'un d'eux: 絵金蔵 Ekingura Museum

qui présente les oeuvres du peintre Ekin.

 

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Ekin est le nom d'artiste de  Eshi Kinzo. Kinzo est né en 1804 dans l'ère Edo . Il faisait partie du groupe Kano.
Natif de Kochi, il montre des talents de dessinateur dès l'enfance.

En 1829, sur la recommandation de son professeur, il va à Edo étudier le dessin. Il est introduit comme peintre au chateau d'Edo "Enshi"  Il fut consacré maître au bout de 3 ans alors qu'ordinairement cela prend 10 ans.

Un jour, suite à un complot du à la jalousie que provoque son talent, il est accusé d'avoir contrefait une des peintures de son professeur. Il est alors chassé du chateau, et a ensuite une vie d'errance peignant des cerf-volants et des paravents, qui lui vaut une réputation de rebelle.

Ses peintures décrivant des scènes de Kabuki et des samouraï sont d'une beauté violente et parfois très cruelle, on pourait même dire gore.

Ses couleurs sont le plus souvent à base de terres c'est pourquoi lors du déplacement de certaines de ses oeuvres lors d'un prêt à une exposition, elles furent altérées.

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Un petit diaporama à visionner:

 


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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 22:10
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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 11:25

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Uemura Atsushi est un de mes maîtres à penser en nihonga.

J'ai eu la chance de voir deux expositions à l'espace Mitsukoshi à Paris en 1994 et en 2007.

Issu d'une lignée de peintres, fils de Shoko  et petit fils de Shô, il nait en 1933.

Il a étudié la peinture à l'ecole de Beaux Arts de Kyoto.

Spécialiste des Kachôga (peinture des fleurs et des oiseaux) , des décennies durant, ce peintre a observé les mouvements des oiseaux et leurs réactions face aux changements de saisons

Il a élevé chez lui des centaines d’espèces d’oiseaux et a planté des arbres sur vingt trois hectares pour les loger.

Il les a dessiné dans leur milieu naturel afin de présenter une nouvelle vision de la peinture japonaise traditionnelle contemporaine, cherchant la spiritualité qui se cache derrière les sujets, s'imprégnant de leur vitalité.

Atsushi qui vit dans la culture japonaise actuelle, a continué de questionner le caractère fondamental de la peinture de son pays par sa quête de ce qui est spécifiquement japonais et sa recherche de la beauté.

 

"Je cherche à tatons quelle est la vraie constitution de l'homme en me référant à la force vitale splendide et dure, de la nature"


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Johanna Reeves a rendu visite à Monsieur Atsushi en octobre 2008:

http://jorees.wordpress.com/2008/10/06/a-visit-with-artist-uemura-atsushi-in-nara-japan/

Article:

http://www.artscape.fr/le-monde-enchanteur-de-uemura-atsushi/

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